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L’écologie sociale, le cas du mariage – Partie 3
28 juin 2017
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Le mariage comme pilier de vie

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I. Le mariage, cadre adapté pour l’accueil de la famille

Les besoins de l’enfant qui vient au monde sont essentiellement des besoins de sécurité et de stabilité. Ces besoins sont universels, et intimement liés à la recherche du bien commun, comme le dit encore le Saint Père dans son encyclique : « Finalement, le bien commun requiert la paix sociale, c’est-à-dire la stabilité et la sécurité d’un certain ordre » [6]. Ce besoin de sécurité et de stabilité existe dès l’origine et se doit d’être offert par la cellule d’accueil, la famille.

Chaque être humain vient au monde de l’union d’un homme et d’une femme, ces derniers constituant sa famille. Sécurité et stabilité lui viennent en premier lieu de cet environnement familial factuel. Avant même que la société (la loi) n’intervienne, le père et la mère, pour n’évoquer que la garde rapprochée de l’enfant, sont en mesure d’offrir à l’enfant une certaine sécurité et stabilité.

Mais la société peut venir en renfort. A partir de cette donnée de fait de départ, selon laquelle l’enfant est issu d’un père et d’une mère qui prennent soin de lui, la société peut intervenir pour favoriser et garantir autant que faire se peut ces objectifs en prévoyant un cadre adapté aux besoins de l’enfant car source de cette stabilité et de sécurité. Ce cadre, la société l’appelle le mariage. Autrement dit, la société définit un cadre protecteur, le mariage, qu’elle offre à ceux qui veulent s’y engager pour abriter leur famille.

Reste encore à expliquer en quoi le mariage est source de stabilité et de sécurité, notamment par rapport aux situations de non mariage : si le mariage est protecteur, ce n’est pas parce que les personnes en se mariant deviendraient tout à coup meilleures ou plus intelligentes que les autres, mais parce que ceux qui s’y engagent acceptent que leurs relations familiales soient soustraites aux aléas des volontés individuelles pour être régies, dans une certaine et même une large mesure, par la loi. Ceci concerne tant le contenu du mariage (sécurité) que sa durée (stabilité), les deux aspects étant liés et se nourrissant l’un l’autre.

La loi définit ainsi le contenu du statut matrimonial, qui découle de l’engagement dans le mariage. Elle fixe les conséquences du mariage entre les époux, à savoir essentiellement les devoirs entre époux pour ce qui concerne leurs relations personnelles (respect, fidélité, communauté de vie, secours et assistance), le régime matrimonial et la contribution aux charges du mariage pour ce qui concerne les aspects patrimoniaux. Le mariage emporte ensuite des conséquences à l’égard des enfants et, en particulier, la présomption de paternité ; des effets à l’égard des tiers, comme la solidarité aux dettes ménagères ; des liens entre les familles par alliance, des obligations alimentaires et les vocations successorales des uns et des autres.

Les époux ont donc des devoirs l’un envers l’autre qui peuvent être sanctionnés en justice en cas de manquement. Par exemple, si un époux contribue seul aux besoins de la famille pendant que l’autre fait des économies, ceci pourra être rééquilibré par le juge si besoin. Certes, une telle sanction n’intervient en général qu’à l’occasion d’un divorce, mais la contribution aux charges du mariage préserve chacun des époux d’être exploité par l’autre.

Le mariage assure à l’enfant l’établissement de sa filiation du fait de la loi, par le jeu de la présomption de paternité qui désigne automatiquement comme père le mari de la mère (article 312 du Code civil). Le mariage offre ainsi à tous les protagonistes un cadre protecteur parce que ses effets sont définis impérativement par la loi.

Hors mariage, un des membres du couple peut très facilement se servir de l’autre, de son argent par exemple, sans conséquence. Ainsi, en cas de rupture du concubinage, chacun doit supporter les dépenses qu’il a faites dans le cadre de la vie commune et ne peut rien demander à l’autre, quand bien même il aurait tout payé. Hors mariage, l’enfant naît sans filiation paternelle, faute de mariage pour désigner le père, et l’établissement de la filiation paternelle dépend de la volonté des adultes concernés.

Quant à la stabilité, elle découle du mariage car ce dernier se caractérise par l’engagement. On objectera immédiatement que, si le contenu du mariage ne peut être aménagé par les époux selon leur bon vouloir, le divorce leur permet en tout cas de mettre fin à leur union. Cependant, la force du mariage est telle que, même dans le cadre d’une législation civile prévoyant le divorce, le mariage demeure le cadre protecteur et sécurisant parce que légal. En effet, le mariage existe non pas seulement tant que chacun y consent mais jusqu’à ce que le divorce soit prononcé par un juge.

Un couple non marié peut être, dans les faits, très stable : mais ce couple est, chaque matin, suspendu à la bonne volonté des intéressés, en ce qui concerne le contenu de la relation comme sa persistance. Même si le couple non marié peut être durable il est, par essence, précaire, puisqu’il ne repose pas sur l’engagement et, en tout cas, pas sur un engagement garanti par la loi.

Au contraire le mariage est, chaque matin, garanti par la loi. Il est vrai que le divorce fragilise le mariage et l’empêche de jouer pleinement son rôle protecteur. Pour autant, le mariage ne peut être rompu à la légère ni dans n’importe quelles conditions. La société contrôle la rupture de l’engagement pris devant elle et le passage par le juge assure la protection des époux et enfants dans les conséquences du divorce.

En résumé, dans le mariage, la relation entre les conjoints cesse d’être une simple relation privée pour devenir un statut social, auquel la société attache des conséquences, en se réservant le droit en échange d’intervenir dans la structure ainsi constituée en lui imposant son régime et en contrôlant sa dissolution par le biais de la procédure judiciaire de divorce. En raison de sa dimension institutionnelle, le mariage offre un cadre sécurisant et protecteur aux enfants et aux conjoints car ce cadre n’est pas régi par les seules volontés individuelles mais par la loi.

Le mariage est ainsi une structure accueillante pour l’être humain venant au monde en état de grande dépendance et de besoins spécifiques, ce qui permet de penser le mariage comme ce cadre écologique, car conforme aux besoins du petit être humain, que la société institue en vue de préparer un environnement social adapté à l’accueil et à l’éducation de chaque nouvelle génération.