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III. La société doit investir dans le mariage

On comprend que, dans la perspective d’une écologie sociale, il ne sera pas suffisant de rétablir le mariage comme l’union d’un homme et une femme. Au passage, il faudra rétablir dans la loi la spécificité du mariage en lui réservant des avantages spécifiques, rémunérant le service rendu par ceux qui s’y engagent et afin d’encourager les personnes à s’engager dans le mariage et à rester mariées.

Comment encourager le mariage ? Puisque nous parlons écologie, pourquoi ne pas s’inspirer des méthodes incitatives en faveur des économies d’énergie pour promouvoir cette fois les structures sociales adaptées à la nature sociale de l’homme ? Lorsque le législateur veut encourager les gens à faire des choix écologiques en matière d’énergie (voitures non polluantes, isolation), il prévoit une incitation financière, comme des primes, réductions fiscales, crédits d’impôts, aides diverses et variées. Il serait donc tout à fait cohérent d’encourager les gens à s’engager dans le mariage, et à y demeurer, par des mesures financières, des avantages financiers spécifiques et réservés au mariage.

Il ne s’agit pas d’obliger les gens à se marier, ni même à le rester. Le propos n’est pas ici de supprimer le divorce mais, tout simplement, d’encourager les gens à demeurer dans le mariage. Promouvoir le mariage durable ne veut pas dire contraindre, obliger, mais encourager. En effet, puisque le mariage offre aux  générations à venir un cadre protecteur et sécurisant (parce que légal), il est logique d’encourager les gens à s’y engager afin que le maximum d’enfants en profitent, pour leur profit à eux et celui de la société tout entière.

Certes, les avantages accordés au mariage ont un prix. Pour autant, et quel qu’il soit, le coût des avantages matrimoniaux est sans commune mesure avec le coût social du non mariage : les mesures et institutions en œuvre pour réparer les conséquences désastreuses de la précarité et de l’instabilité familiale coûtent bien plus cher que tous les avantages fiscaux et sociaux qu’on voudra bien octroyer  au mariage.

La société, par l’intermédiaire de la loi, s’emploie à tenter de limiter pour les enfants les conséquences des séparations qu’ils subissent dans le cadre des décompositions et recompositions des couples. C’est fort louable, mais le bon sens n’invite-t-il pas, aussi, à chercher à éviter ces séparations destructrices ?

Au-delà de l’aspect financier, l’investissement de la société dans le mariage permettrait de saisir sa valeur et le rendrait attractif. Au contraire, le désintérêt actuel des gens pour le mariage n’est que la conséquence du désintérêt législatif. Le mariage rend un service public, et investir dans le mariage serait un très bon investissement, fort rentable à court, moyen et long terme !

En conclusion, il ne reste plus qu’à s’étonner que la société, au lieu de valoriser le mariage et de le promouvoir, s’ingénie au contraire à le détruire en le considérant comme une forme de couple, et de couple seulement, parmi d’autres. Ceci se fait en effet au détriment du bien commun et des générations à venir qui se trouvent privées de cet environnement le plus adapté à leurs besoins pour venir au monde et être éduquées.

Mais il y a également dans ce constat désolant une vraie raison d’espérer : si la société avait déjà investi tous ses moyens dans le mariage, en vain, il y aurait de quoi se montrer pessimiste sur la capacité du mariage à rendre le service social attendu de lui. Au contraire, la société ces derniers temps n’a rien investi dans le mariage, et a retiré les investissements qu’elle avait placés en lui auparavant. Il y a donc une large marge de progrès à portée de la main du premier législateur qui se montrera soucieux de développer une écologie intégrale, c’est-à-dire aussi sociale, en premier lieu familiale et, plus précisément, matrimoniale.

 

[1][1] Pape François, Laudato Si. Sur la sauvegarde de la maison commune, 24 mai 2015, §142.

[2] Laudato Si, op. cit., §142.

[3] Laudato Si, op. cit., §156.

[4] Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et Spes, sur l’Église dans le monde de ce temps, n. 26.

[5] Laudato Si, op. cit., §157.

[6] Laudato Si, op. cit., §157.